Montluc dans le dispositif de répression des Algériens

Un historien, qui a travaillé sur archives (actes de jugement, justice militaire, presse) et interrogé des Algériens à Lyon ou en Algérie, ainsi que des entretiens avec des avocats, qui ont plaidé dans les affaires liées à la guerre d'Algérie, présentent le site Montluc (Fort, Tribunal et prison) dans le dispositif répressif des Algériens. L'historien donne des éléments à partir du traitement des archives et précise les fonctionnements de ce dispositif. Des avocats évoquent la manière dont ils se sont impliqués et organisés en « collectifs » pour défendre des Algériens, certains liés au FLN, d'autres formés en « collectifs indépendants » motivés par le respect du droit contre une justice politique et souhaitant pouvoir défendre tous les Algériens qu'ils soient du FLN, du MNA ou non. Ils explicitent leurs choix des modes de défense mis en œuvre. L'historien et les avocats montrent chacun le rôle du TPFA de Lyon dans le circuit entre différentes prisons, camps et pénitenciers en France selon les peines prononcées, les condamnés à mort étant internés dans une des ailes de la prison Montluc. Filmé sur les lieux de la prison, l'historien donne des éléments de la vie quotidienne et de l'organisation des condamnés à mort du FLN. Il évoque la présence d'autres internés (MNA, objecteurs de conscience et femmes détenues politiques ou de droit commun) et localise l'emplacement probable de la guillotine. Les témoignages publiés d'anciens condamnés donnent l'ordre des cellules occupés par leurs compagnons et leurs noms en insistant sur la crainte de la guillotine qui accompagnait leurs nuits dans les cellules individuelles. Enfin trois itinéraires de combattants avant et après la Guerre, montre la diversité des parcours d'Algériens jugés et condamnés par le Tribunal. L'historien reconstitue l'itinéraire de deux combattants étant passés devant le TPFA. Mostefa Boudina raconte lui même son itinéraire après ses deux années de condamné à mort à la prison Montluc.